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“ET POURTANT ELLES TOURNENT !”

Festival international de réalisatrices

Du 13 au 16 juin 2019 dans les cinémas de l’agglomération lyonnaise.
Première édition marrainée par Julie Gayet.
Voici le premier festival de la région Auvergne-Rhône-Alpes entièrement dédié à la diffusion de films de réalisatrices.

Page Écouter Voir Christine Goyard

Toutes les projections seront suivies d’échanges et de débats avec des invitées - cinéastes, interprètes, productrices et/ou expertes - à l’instar des réalisatrices algériennes Sofia Djama et Yasmine Chouikh, l’Allemande Claudia Von Alemann ; des actrices françaises Thérèse Liotard, Valérie Mairesse, ou encore de la marocaine Sarah Perles ; des productrices comme Naomie Lagadec et bien d’autres invitées. Catherine Ruelle, journaliste cinéma à RFI, sera présente tout au long de ces quatre jours pour apporter son expérience et sa contribution aux échanges.

La programmation Art et Essai s’attache à montrer une grande diversité quant aux pays d’origine des réalisatrices, aux genres cinématographiques, fictions, courts-métrages et documentaires. Elle vise à attirer tous les publics (familial, averti, scolaire). La plupart des séances seront accompagnées d’un court-métrage en avant-programme.

Comme pour la soirée d’ouverture, le jeudi au Comoedia, en présence de la marraine du festival, Julie Gayet , productrice engagée aux côtés de cinéastes engagées, la soirée de clôture, le dimanche au Ciné Mourguet, témoignera de l’engagement de l’association à l’initiative du Festival, Femmes contre les intégrismes, aux côtés des militantes féministes algériennes. Ravivée par l’actualité des femmes dans les rues d’Alger en ce début 2019, l’histoire de l’association, comme le cinéma et le film Les bienheureux, plonge ses racines dans la décennie noire (1991-2002). Celle où les femmes algériennes combattaient déjà le code de la famille appelé code de l’infamie, pour le droit à l’égalité et à la liberté. Un deuxième film, audacieux, traitant de l’amour interdit entre personnes âgées, et une chorale arabo-andalouse promettent une soirée sérieuse et joyeuse.

Mention spéciale dans ce festival à Agnès Varda, disparue à 90 ans, cette année. Varda la forte, Varda la résistante, Varda la puissante. Varda la glaneuse d’images. Pionnière de la Nouvelle Vague venue s’échouer sur ses plages. Engagée dans les combats de son époque comme le montre le film L’une chante et l’autre pas, avec le slogan toujours valide à l’heure de me too, « mon corps est à moi ». Plus que jamais d’actualité à l’heure des remises en cause de l’avortement aux Etats Unis, de son interdiction en Pologne et nombre de pays d’Amérique latine, et menacé de façon récurrente par les conservateurs dans notre pays. En présence des actrices, héroïnes du film, Valérie Mairesse et Thérèse Liotard.

Parallèlement aux projections en salle, une grande tente événementielle sera montée en place publique. Cet espace de débat est conçu comme une agora, convivial, gratuit, ouvert à tous et moins institutionnel : petite restauration, diffusion de courts-métrages, animations en réalité virtuelle, sensibilisation aux droits des femmes...

“N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant”. Simone de Beauvoir

“Être femme, c’est être féministe, qu’on le veuille ou non. Bien sûr, il y a des réalisatrices qui font des films encore plus machos ou stéréotypés que ceux des hommes, mais nous avons une responsabilité dans ce que nous produisons, dans le message que nous envoyons. Il faut en prendre conscience”. Julie Gayet, marraine du festival.

Ce festival a été imaginé en 2018 par l’association «Femmes Contre les Intégrismes». D’autres asso- ciations du territoire, «Filactions», engagée dans le combat pour l’égalité femmes/hommes et le GRAC pour la promotion du cinéma Art et Essai, ont rejoint depuis le comité de pilotage pour mener à bien cette première édition 2019.
L'objectif est d'institutionnaliser le festival pour en faire un rendez-vous régulier et incontournable de l’agglomération lyonnaise, berceau historique du cinéma qui semble avoir parfois oublié les femmes dans cette grande aventure.
Le choix de mettre des réalisatrices à l'honneur découle de leur sous-représentation dans le monde du cinéma.
Alors qu’en France, les femmes constituent 60 % des effectifs sortant de l’École nationale des mé- tiers de l’image et du son (Femis), moins d’un long-métrage sur quatre agréé par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est réalisé par une femme. Et différents indicateurs montrent que la situation est largement pire au niveau mondial.

En outre, sur la région, il n'existe encore aucun festival de femmes cinéastes qui participerait d'une volonté de rétablir une certaine égalité face à ce déséquilibre constaté.

4 jours de festival 20 longs métrages 12 courts-métrages, 10 salles 13 réalisatrices, productrices, actrices et plusieurs intervenantes.

“Elles sont encore trop peu nombreuses, les femmes cinéastes, mais qu’elles soient Afghanes, Iraniennes, Saoudiennes, Indiennes, Chinoises, Latino-Améri- caines, Européennes... leur détermination, leur puis- sance créatrice forcent le respect ! Art populaire faisant appel à la sensibilité, à la réflexion, à la for- mation de la pensée, le cinéma nous paraît un vecteur idéal pour faire se rencontrer les cultures du monde. Il permet d’amener un large public à prendre la mesure de l’aspect universel des problématiques relatives aux relations femmes/hommes, à l’aspiration à la liberté, à l’égalité, à la mixité. Ce festival entend donc faire valoir la création ciné- matographique des femmes, foisonnante et pourtant encore méconnue, émanant notamment de pays où leur liberté d’expression artistique demande force et opiniâtreté. Cet événement sera également l’occasion de sensibiliser aux discriminations et violences envers les femmes, en privilégiant notamment des sujets en faveur de leur émancipation”. L’équipe du festival

Programmation complète sur :
http://www.etpourtantellestournent.org